Page d'accueil   Page précédente   Page suivante
   

Lundi 5 Février 2007 Phare de Palavas Les Flots
Mal être ou bien être des adolescents en 2007 : Que peut on faire ?

Intervenants :
Robert Cecconi (metteur en scène), Pierre Chatel (Gouverneur Lions Club), Sylvie Martel Cannac (Avocate Lions Club), Robert Doussan (Président Parents Brisés), Docteur Robert Bres (CHU de Montpellier), C Vieilleribiere (le Refuge), ainsi que l’aumônier de la maison d’arrêt de Maguelonne, un philosophe et un intervenant psychanalyste.

Le débat s’est dans un premier temps orienté sur la définition à poser quand on aborde, dans le cadre des hobbies, la passion chez les jeunes (en référence au diaporama issu de la recherche effectuées auprès de jeunes sur Béziers, association Parents Brisés).

Pour le psychiatre, Docteur Bres, les adolescents qui disent ne rien faire, peuvent se positionner de la sorte, en réponse d’opposition, signant ainsi une attitude fréquente à cet âge.

De la même façon il souligne que les ados qui disent avoir une passion n’ont pas forcément quelque chose qui les habite. Il appuie donc sur ce qui lui semble nébuleux en terme de définition.

L’aumônier qui est aussi éducateur sportif, nous dit qu’il voit des jeunes qui se disent passionnés de foot mais uniquement en réaction à un effet de mode. En quelque sorte, le jeune adhérerait à cette activité en référence à des idoles, des icônes médiatisées.

C’est par la suite, après une certaine pratique de leur dite passion qu’ils parviendraient à éprouver du plaisir. Il y a donc une évolution dans leur pratique et dans leur positionnement par rapport à l’activité.

Une personne du public introduit le débat sur la société de consommation qui alimente le désir des adolescents d’aujourd’hui.

Elle dit que « de son temps, les adolescents n’avaient pas grand-chose mais s’en satisfaisaient Maintenant les jeunes ils ont tout et ils ne vont pas bien. »

En réponse à cette dame un jeune tente de lui expliquer que chaque génération à ses soucis. Le débat s’oriente sur la notion de possession.
Maintenant pour combler le manque, le temps, il faut posséder tel ou tel jeu…

Emerge la notion « d’occuper son temps ». Le public semble avoir le besoin de s’exprimer sur la définition de « rien faire ».
Est-ce que regarder les oiseaux signifie ne rien faire?
Tout dépend de ce qui nous motive dans cette action : le bonheur… ou le vide.
Le psychanalyste insiste sur la notion de temps. Il voit des patients qui se plaignent de ne plus avoir le temps de…
Une maman dans l’assemblée pose la question aux intervenants s’il y a des signes qui annonceraient le suicide chez les adolescents.

Chaque intervenant prend la parole et tous tombent d’accord sur le fait que rien n’est assuré en terme de prévention.

Le psychiatre fait état de son expérience. Il explique l’importance que sa consultation a provoqué en terme de réassurance chez un jeune un jour, qui en avait fait le retour à sa mère en disant : cet homme m’a sauvé la vie. Pourtant ce professionnel nous explique qu’il a du faire des recherches et prendre dans ses notes pour se souvenir de ce jeune et constater qu’il n’avait rien fait de spécial si ce n’est que de l’écouter…
Il donne aussi un contre exemple sur le fait qu’un jeune patient un jour lui a laissé un message sur son portable, pour lui signifier qu’il aimerait bien passer au cabinet médical.
Le psychiatre a eu le message seulement le lendemain matin et ce jeune s’était suicidé.

Le psychanalyste nous fait part du même questionnement d’une maman angoissée en ce qui concernait l’attitude de son fils : le psychanalyste lui a conseillé de faire part de son angoisse à son fils. Il lui semble important que les parents montrent à leurs enfants qu’ils sont parfois inquiets de leur devenir.

L’animatrice oriente le débat et soulève la question de l’isolement des adolescents.
C. Vieilleribiere fait part de la souffrance des jeunes homosexuel(le)s qui ne trouvent que peu de soutien social et personnel dans la découverte de leur orientation sexuelle. La construction de leur identité ne pouvant que se faire le plus souvent dans l’absence de modèles positifs.

De plus tous les jeunes gays ne se retrouvent pas forcément à l’aise avec leurs pairs et n’ont pas la possibilité d’avoir beaucoup d’alternatives quant à leur place au niveau social.

Le débat s’oriente sur des questions juridiques. La notion de secret dans le cadre médical de la consultation et la nécessité de faire un signalement de maltraitance quant celle ci est présente.

Quelle est la solution? Il semblerait que l’enfant ou l’ado ait le droit de consulter sans que ses parents le sachent. Les professionnels sont donc soumis au secret. Mais dans la réalité des faits cela semble beaucoup plus complexes et ce fait est souligné par le psychiatre que l’animatrice questionne.

Le débat s’oriente plus sur la question des enfants dépressifs. Une maman fait part de l’état border line de son jeune enfant de 9 ans et de son incapacité à l’aider le voyant en détresse.

Elle questionne le thérapeute et metteur en scène R Cecconi. Il fait alors part de sa propre tentative de suicide : il a fait sa première TS à 4 ans. Il lui dit que son enfant va devoir se construire en l’absence « de tout » en entretenant un lien nouveau (faisant référence à son adoption). L’animatrice propose alors de faire une nouvelle conférence sur la question de la maltraitance dans l’avenir et sur les enfants plus jeunes.

Les questions juridiques quant à la prise en charge des plus jeunes reste en suspend : c’est l’Aide Sociale à l’Enfance d’un point de vue administratif et le juge des enfants d’un point de vue juridiques.

Enfin se pose la question au travers du retour d’expérience d’un animateur sportif dans le public, de la difficulté des jeunes quand ils ont un mal-être à aller chez un psy.
Il fait part du rôle que les animateurs peuvent avoir à dépister ces jeunes en danger simplement par l’écoute.

Au final l’aumônier a besoin d’exprimer « qu’à chaque profession son jargon » et que le langage psy quant à lui n’est pas toujours accessible aux jeunes et que cela peut mettre une barrière pour motiver les jeunes à consulter.
Il fait part de son expérience des jeunes dans le milieu pénitentiaire qui lui disent qu’ils ne préfèrent pas rencontrer de psy parce qu’ils pensent que ce qu’ils pourront dire, pourra servir contre eux dans une logique judiciaire.

Le Psychanalyste réagit en clôturant le débat sur le fait que les psys savent s’adapter à leur patient en terme de vocabulaire aussi. Cet échange reste courtois malgré le ton passionné de l’aumônier. Enfin C.Vieilleribiere dit que ce qui reste au coeur de la problématique est la mésestime de soi et qu’il faut peut être rendre plus visible et plus communiquer sur les recours et les lieux d’écoute qui existe pour ces jeunes.

 
 
© Le Refuge 2003 - 2008