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Dans cette société où je vis, qui rejette les jeunes homos à cause de leur homosexualité, on est confrontés au mauvais regard des autres et surtout à l'isolement qui se crée en nous à cause de ça.
J'ai appris qu'un ami du même quartier a fait une tentative de suicide à 23 ans car sa famille a découvert
son homosexualité et il a été maltraité par ses frères.
Il s'est jeté d'une falaise et il a tout perdu en faisant ça : son travail et sa famille.
Je suis homo et je suis passé par la même pression, l'isolement, le mauvais regard par des copains qui savent que je suis homo sachant que eux aussi sont des homos, mais ils refusent leur homosexualité, ils considèrent ça comme une maladie.
Y a beaucoup de choses terribles a dire sur ce sujet mais malheureusement y a pas d'associations pour nous aider, des gens qui nous écoutent, des gens tolérants et compréhensifs en Algérie.
Je suis un jeune qui s'est désespéré de sa vie à un moment à cause de ça, et je remercie beaucoup
LE REFUGE parce qu'ils m'ont écouté.
Je souhaite un bon courage à toute l'équipe pour améliorer la situation de certains jeunes

ALI.
 
 
   
« J'avais besoin qu'on s'intéresse à moi besoin de parler. »

Selon le Dr Pommereau, du centre Abadie, les parents de jeunes homosexuels ayant fait une tentative de suicide ont un profil bien particulier, qui parait un peu convenu mais correspond sans doute à une certaine réalité les mères seraient, dans l‘ensemble, très possessives, alors que les pères auraient tendance à n’exprimer aucun sentiment.
Pour Anthony, 22 ans, la situation est encore plus complexe. II avoue aujourd’hui n’avoir jamais pu communiquer, de quelque manière que ce soit, avec sa mère ou son père. Aujourd’hui, alors qu’il a pris ses distances avec eux depuis sa tentative de suicide, à l’age de 15 ans, il dit ressentir à leur égard une profonde estime... qui se résume à deux déjeuners par an.

Un milieu ferme

C’est l'histoire d’un petit garçon très seul et très renfermé, brillant et modeste, victime d’un milieu étriqué. Anthony, adapté à l’age de 4 ans, est l’enfant unique d’un couple de vétérinaires appartenant à la grande bourgeoisie catholique parisienne. Un milieu austère et rigide, où l‘on vit entre soi et où les frontières du monde s’arrêtent à celles du 7e arrondissement de Paris. Un petit monde qui flirte avec l’intégrisme, et dans lequel la religion tient lieu de mode de vie. On se fréquente entre fidèles ; une fois par mois, on invite le curé de la paroisse à déjeuner. C’est un petit clan où l‘on se conforte dans ses idées “chrétiennes”, où les enfants ne fréquentent que des écoles catholiques. On y vit a l’écart du monde protégé des effluves de I’humanité par l’odeur de l‘encens. Le père d’Anthony est extrêmement autoritaire. II est très apprécié de son petit cercle de connaissances. Quant à sa mère, qui ne semble pas être un modèle de douceur, elle parait avant tout préoccupée par le qu’en-dira-t-on. Le petit Anthony grandit dans cette ambiance quelque peu austère, où chaque chose doit se mériter.
Dans ce monde clos et étouffant, coupé de la modernité, Anthony ne s’est jamais vraiment senti à l‘aise. Mais, enfermé dans cet univers, comment aurait-il pu imaginer que d’autres modes de vie étaient possibles?
Anthony, de toute manière, n’aura guère le loisir de goûter aux “joies” de la vie de famille: ses parents, sans doute parce qu’il faut endurcir les enfants, le mettent en pension chez les jésuites, à Limoux, dans l’Ariège, dès I’âge de 6 ans. Anthony ne se retrouve pas dans les enfants de la grande bourgeoisie enfermés dans ce joli pensionnat, dont ‘idéal est d’être toujours prêts pour aider les autres. Au collège, il est si réservé que, parfois, ses professeurs se demandent s’il est bien présent. Solitaire jusqu’à l’extrême, il ne fait pas de vagues, mais, lorsqu’il s’agit de rendre les devoirs, il se trouve que le sien, bien souvent, est le meilleur.
Une fois par mois, il rentre chez ses parents, à Paris, où règne toujours une incroyable froideur. Sa mère et son père ne lui posent guère de questions sur sa vie et ses études, trop occupés, sans doute, par leurs activités paroissiales.

L’IDEE DE NE PAS ASSURER UNE DESCENDANCE A SES PARENTS LE RONGE.

Manque de dialogue

Anthony, décidément, n’est pas un révolté. De sa solitude, Il fait un cocon et, jusqu’à l’âge de 12 ans, Il trouve un réconfort dans la vie de pensionnat, dans sa chambre de douze gamins. Une vie a laquelle, pourtant, Il ne participe qu’à peine. C’est à cet âge qu’un trouble commence à l’envahir et que la petite musique de la différence résonne à son oreille. II pense être le seul à regarder ses camarades sous la douche: « Je ne savais plus dans quel camp me mettre. Pourquoi, moi, un homme, je regardais les autres hommes? Etais-je même un garçon ? » En lisant la Bible, Il découvre l‘existence des sodomites, race maudite parmi les maudits. Mais, dans ce milieu totalement coupé des médias, qui pourra l‘aider à trouver sa voie? N’obtenant aucune réponse, Anthony se renferme encore un peu plus sur lui-même. A I’âge de 14 ans, alors qu’il est en première, son état, dû au mal intérieur qui le ronge, devient pathologique. Les premiers signes d’anorexie apparaissent, suffisamment patents pour que les jésuites lui conseillent de consulter un psychiatre. Là encore, c’est l’échec complet, avec, de part et d’autre, un manque total de dialogue. L’année suivante, en terminale, les choses ne vont pas en s’améliorant. L’homosexualité d’Anthony devient rapidement obsessionnelle. Pas nécessairement pour les raisons que l‘on pourrait imaginer: ce ne sont ni la peur d’un châtiment divin ni la honte sociale qui le tracassent; ce qui le range, c’est l’idée de ne pas pouvoir se reproduire, de ne pas assurer une descendance à ses parents. Toujours aussi brillant dans ses études, mais toujours aussi absent aux yeux des autres, Anthony plonge dans la déprime et l’anorexie. II ira jusqu’à cesser de s’alimenter pendant plus de deux semaines. Les idées noires s’accumulent dans sa tête. De plus, il ne s’imagine aucun avenir professionnel. La dépression est sérieuse. Le suicide s’impose à lui comme la seule issue de secours. II lui faut faire le grand pas qui lui permettra de quitter à tout jamais un monde où l’incommunicabilité triomphe. Un week-end, il rentre au domicile de ses parents. Ces derniers sont partis visiter des amis. Anthony se retrouve seul dans l‘appartement. Le dimanche matin, il ingurgite plusieurs boîtes de médicaments et s’allonge sur le canapé. Le grand trou noir, libérateur, va enfin survenir. Le lendemain, en début d’après-midi, II se réveil à l’hôpital, après avoir subi un lavage d’estomac. A ses côtés, son père, qui ne lui pose qu’une seule question:
« Pourquoi ? » Anthony est incapable de lui répondre.

Fuir l’univers familial

A l’hôpital, Anthony découvre un nouvel univers. Des infirmières qui ne se croient pas obligées d’arborer des mines de carême en permanence, tout un petit monde frondeur et souvent chaleureux. Pour Anthony, la rencontre de cette humanité est une révélation. II ne réintégrera pas le collège de Limoux et obtiendra cependant son bac, avec mention « Très bien ».
Pendant prés de trois ans, Anthony suivra une thérapie de groupe: trois réunions par semaine, plus les entretiens particuliers avec des psychiatres. Après tant d’années de silence, Anthony parle enfin: « J’avais besoin que l’on s’intéresse à moi, besoin de parler. J’avais déjà admis que je pouvais être homosexuel, mais il m’a fallu plus de deux ans - et la rencontre avec un psychiatre qui m’a beaucoup aidé – pour vraiment m’accepter et comprendre, enfin, qu’il y a une vie en dehors du milieu dont je suis issu. »
Il décide de fuir son univers familial. Tout en suivant une maîtrise de gestion à la prestigieuse université de Paris- Dauphine, Il travaille dans une grande surface pour subvenir a ses besoins et louer un studio. Ses parents, alors qu’il a à peine 16 ans, le laissent libre de son choix. Leurs rapports se distendent très vite.
Pour Anthony, c’est une période libératrice: « Enfin, je voyais des gens qui avaient une culture différente; cela m’aidait à me remettre en question. Bien sûr, à cette époque, il y avait encore un problème: la réaction de mes parents vis-à-vis de mon homosexualité. J’ai finalement décidé de ne rien leur dire. De toute manière, c’est, je crois, une chose qu’ils ne sont pas capables d’entendre. »
Aujourd’hui, il achève un diplôme d’études supérieures spécialisées en économie. Stagiaire dans l’un des grands corps de l‘administration française, il se prépare à l’intégrer. Sa vie n’a plus rien d’une tragédie: il a des amis, a eu des amants et ne craint pas d’affirmer son homosexualité. Parfois, on sent poindre en lui un regret: ne pas avoir vécu son enfance dans un milieu plus ouvert..

Têtu

 
   
Nicolas Noguier

Je me permets de vous écrire suite à l'article paru dans le " têtu " du mois de novembre décrivant votre projet en cours, celui permettant de créer un lieu de refuge pour les homosexuels en difficultés dans la ville de Montpellier.
Je suis étudiante à Belfort en I.U.T Carrière Sociale option animation socioculturelle, c'est une formation qui a pour but de former des animateurs qui ont pour fonction de réaliser de divers projets d'intervention sociale et/ou culturelle dans de diverse structures à caractère social en particulier.
Je me sens touchée par les difficultés que peuvent rencontrer les homosexuels, en particuliers par ceux qui souffrent car ils ne l'assume pas ou très peu car leur environnement ne le permet pas:regard des autres famille qui ne les soutient pas, isolement...Je pense qu'il est nécessaire d'aider les jeunes qui sont mis à l'écart par leur famille et leur entourage, qui sont ignorés, agressés voire montrés du doigt après leur “coming-out". Certaine personne ont la chance d'être soutenu et accueilli par leur amis, par solidarité, altruisme ou bien par empathie après leur " coming-out ", d'autres sont effectivement isolés désemparés par cette situation de rejet, ce qui pour moi me semble une étape particulièrement difficile à vivre C'est pourquoi ce projet m'intéresse, j'y porte beaucoup d'intérêt, je souhaiterai ainsi y contribuer par le biais d'un stage que je dois réalise pendant le mois de juin dans le cadre de mes études.

Caroline.

 
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