« Peu de jeunes subissent autant de discrimination et de rejet dans leur milieu de vie, qu’il s’agisse de la famille ou de l'école, que les jeunes gays.
Aussi, toute action visant a leur procurer conseils, soutien et, au besoin, hébergement, ne peut être que bienvenue tellement tout reste à faire, surtout pour les plus démunis d'entre eux, dans une société encore homophobe et hétérosexiste. Dans mes ouvrages Eloge de la diversité sexuelle et Mort ou fif, j'ai montré comment nombre de jeunes gays ou de garçons ou filles en questionnement concernant leurs préférences sexuelles sont encore persécutés et ostracisés.
On continue encore à les psychiatriser et même à les pousser au suicide... Aussi, il importe que des voix s'élèvent contre ce carnage et que des associations offrent à ces jeunes un moment de répit et de réassurance au lieu de les laisser à eux-mêmes dans le désespoir. Beaucoup sont en effet mis â la porte du foyer familial simplement à cause de leur différence. A l'âge d'être (jeune) rand-père et comme parent, je me dis souvent que tous les jeunes marginalisés sont nos enfants. Soyons donc à leur écoute, ils en ont grand besoin. »
L'association dresse un constat troublant sur la situation des adolescents homosexuels en France.
Face à cet état des lieux, il était urgent de réagir.
L'association met en évidence :
- L'isolement immense des jeunes qui découvrent leur homosexualité (ou bisexualité);
- La quasi absence de ressources pour leur venir en aide (hormis les lignes d'écoute téléphoniques, comme Ligne Azur, qui font un très bon travail mais atteignent vite leur limite);
- La quasi absence aussi d'un discours social sécurisant et informatif sur cette réalité, cela tant en destination des ados ou jeunes adultes que de leurs parents et leurs proches;
- La faiblesse consternante de la formation des intervenants auprès de la jeunesse sur ce thème - pas étonnant que les gens, y compris les plus « formés » sur le plan académique reprennent, en toute bonne foi, les stéréotypes et préjugés populaires (cette réalité est rarement abordée, a fortiori sur un mode positif);
- L'absence de politiques claires et de moyens pour lutter non seulement sur le plan individuel mais sur le plan social contre la stigmatisation et les exclusions, plus ou moins subtiles, que vivent les jeunes gais et lesbiennes ou simplement ceux « en questionnement ».
Michel Dorais.