Tu es victime d'homophobie ou de transphobie ?
Ta famille ne te comprend pas, tu es rejeté ?
Tu ne sais pas vers qui te tourner ?

Retour sur la situation des trans à l'occasion de la Semaine nationale
Mai 27

Retour sur la situation des trans à l'occasion de la Semaine nationale

Pour la troisième édition de sa Semaine nationale, le Refuge avait choisi de concentrer ses efforts sur la question de la transphobie, s’associant à Alexandre Marcel, président du comité Idaho France, et à Agnès-Giovanna Rincon, présidente de l’association Acceptess-T, association qui a reçu des mains de Christiane Taubira le prix « Initiatives contre l'homophobie et la transphobie » du Refuge et de l'Institut Randstad.

S’il est extrêmement difficile d’établir des statistiques relatives à la violence infligée aux personnes trans dans le monde (bien peu de pays recensent les agressions et crimes transphobes), l’expérience rapportée par les trans est, elle, sans appel : la transphobie blesse, inlassablement, quotidiennement, avec des mots et des coups. Et elle tue aussi, car la haine et la bêtise conduisent parfois à l’assassinat… ou au suicide. Peu de temps avant de mettre fin à des jours, à l’âge de 17 ans, Leelah Alcorn écrivait : « J’avais quatorze ans quand j’ai appris ce que signifie le mot transgenre et j’ai crié de joie. Après dix années de confusion, j’ai enfin compris qui j’étais. Je l’ai immédiatement dit à ma mère et elle a très mal réagi, me disant que ce n’était qu’une phase, que je ne serais jamais vraiment une fille, que Dieu ne fait pas d’erreur et que j’avais tort. Si vous êtes parent et que vous lisez cela, ne dites jamais rien de tel à vos enfants. » (traduction de Julien Massillon, pour Yagg).

conf transidentiteLors des conférences qui ont sillonné la France, Agnès-Giovanna a rappelé entre autres chiffres qu’en France, 85 % des trans subissent de la transphobie, 64 % en sont victimes à l’occasion de soins médicaux. Et que 97 % des trans ne portent pas plainte en dit long sur l’accueil qu’ils et elles s’attendent à recevoir sitôt poussée la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie… En outre, si le chiffre de 50 % de trans harcelé·s sur leur lieu de travail peut sembler étonnamment bas de prime abord, c’est parce qu’il est une déformation sinistre de la situation : les trans trouvent difficilement un travail… Car même lorsque leurs interlocuteurs ne cèdent pas à la violence la plus manifeste, même lorsque leurs possibles employeurs se jugent complaisamment « ouverts d’esprit », beaucoup sont en réalité encore imprégnés des clichés les plus éculés. Non, les trans’ ne sont pas des homosexuel·les refoulé·es ! Non, les trans’ n’ont pas poussé un peu loin leur goût du déguisement... Les trans ne sont pas un concept, ne sont pas un goût, ne sont pas une pratique, ne sont pas une activité plus ou moins légale : les trans sont des hommes et des femmes aux destins singuliers et aux parcours différents – comme tout un chacun.

Alors, on peut malgré tout admettre que l’Union européenne est plutôt en avance sur les autres continents – ou en tout cas, que ses recommandations suivent généralement une bonne direction. Mais elle peine malgré tout à imposer des avancées au niveau des États : par exemple, l’Italie, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark ne disposent pas de loi anti-discriminations, et en Irlande et dans les pays des Balkans, le changement d’État civil est tout simplement impossible.

Inutile de crier cocorico non plus : si des pays permettent déjà le changement d’état civil sans opération préalable, ce n’est pas le cas de la France, rappelons-le : les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas se faire opérer doivent donc conserver des papiers d’identité parfaitement inadaptés à leur genre. En France toujours, les trans ne sont pas autorisés à conserver leurs gamètes après l’opération et perdent souvent le droit de garde ou même de visite de leurs enfants. Et, situation aussi scandaleuse que gênante pour notre pays déjà souvent épinglé pour ses déplorables conditions carcérales : les personnes trans ne sont pas emprisonnées selon leur genre et la poursuite de leur transition par voie hormonale est interdite en prison…

Le travail à mener pour la lutte contre la transphobie, dans le monde, en Europe et en France est donc énorme – y compris dans notre communauté où le T de LGBT n’est que trop souvent décoratif et n’empêche que rarement la perpétuation des clichés déjà cités (par pitié, plus d’allusions au-dessous de la ceinture sans y être invité !).

Le Comité Idaho France et le Refuge se joignent évidemment à Acceptess-T pour appeler à la bienveillance et à de réelles et concrètes avancées pour les trans :

  •         procédure de changement d’état civil simplifiée et accessible ;
  •           meilleure prise en charge médicale des transitions ;
  •           développement de recherches sur les traitements médicaux et les effets de l’hormonothérapie ;
  •           traitement médiatique respectueux ;
  •           campagnes d’information et de lutte contre la transphobie ;
  •           personnels mieux formés, notamment dans les administrations et la santé ;
  •           accès à la parentalité et à la filiation ;
  •           conditions d’incarcération améliorées.

Quelques rappels...

Transidentité : existence d’un décalage permanent chez une même personne entre son identité psychologique et sociale (son « genre ») et la réalité du sexe anatomique de naissance.

Personne trans : personne qui vit à plein temps dans son genre d’arrivée.

Genre d’une personne : façon dont une personne ressent son (masculine, féminine, un peu des deux, aucune des deux).

Expression de genre : façon dont une personne exprime son genre dans la société (vêtement, comportement, langage...).

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