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Vu sur le web : Un Refuge avec une travailleuse sociale, pour les jeunes victimes d’homophobie
Avr 03

Vu sur le web : Un Refuge avec une travailleuse sociale, pour les jeunes victimes d’homophobie

Guide-familial.fr - Pour les majeurs chassés de leur famille en raison de leur orientation sexuelle ou de leur genre, Le Refuge offre des appartements-relais à travers la France. Mais l’association mise aussi sur des travailleurs sociaux pour les aider à s’assumer. Reportage dans les pas d’une CESF, dans un immeuble de Montpellier. 

Céline Gross, la conseillère en économie sociale familiale (CESF) (photo) ? « Elle est méchante ! » Kleoan, 20 ans, s’empresse de le claironner à son visiteur, à peine ouverte la porte de son petit appartement. La travailleuse sociale en question est pourtant tout avenante et garde le sourire.  « Et oui, car je te réveille à 10 heures… » - « Une cruauté sans pareille ! » En réalité, et en aparté, Kleoan confie d’emblée sa reconnaissance pour l’accompagnement qui lui est ici proposé. « Je trouve un toit, déjà… Et puis, Céline m’aide pour tous les papiers administratifs. Moi, j’ai des problèmes psychologiques, et les papiers, ça m’angoisse ! » 
Et voilà que Kleoan, les cheveux coiffés en palmiers sur le crâne, évoque son enfance passée « à se sentir paumé ». « Moi je suis un trans non binaire, car je me définis comme ni homme, ni femme. » Ce jeune « agenre » (1), donc, raconte avoir « subi des choses horribles » dans ses premières années, avant de perdre son père, puis de rompre avec sa mère, et finalement de prendre la route, à l’âge de 18 ans… Finalement arrivé en décembre à l’association Le Refuge, à Montpellier, Kleoan fait alors connaissance avec cette CESF, qui chaque matin vient le réveiller - même après ses longues insomnies des débuts. Voilà pourquoi « Céline, je la détestais  » ! Pourtant, désormais, grâce à son aide pour accomplir ses démarches, « je me sens mieux psychologiquement. Et je pense que je pourrai bientôt me débrouiller seul »…


Rupture brutale

Cette autonomie, Céline Gross la cultive à chaque étage de cet étroit immeuble de pierre des faubourgs de Montpellier. Et pour cause : les presque dix jeunes hébergés ici ont, le plus souvent, connu « une rupture brutale avec leur famille, notamment après la révélation de leur homosexualité. Du jour au lendemain, ils se retrouvent à devoir s’assumer ». La travailleuse sociale s’efforce donc de les rendre indépendants, le temps de leur séjour - normalement d’un semestre, renouvelable une fois. 
Prosaïquement, après souvent des semaines sinon des mois d’errance, il faut déjà leur apprendre à se gérer au quotidien. « Je dois les aider à tenir leurs appartements, à faire eux-mêmes leur ménage, leurs repas… » Et telle est justement l’une des spécialités des CESF. Ces travailleurs sociaux ont aussi un savoir-faire particulier pour éduquer à la gestion du budget. « Et ce n’est pas toujours simple : quand ils arrivent ils n’ont généralement pas d’argent. » Lorsqu’ils obtiendront des ressources, ils devront pourtant en reverser 10 % au Refuge. 
Naturellement, Céline Gross se charge aussi de tout l’accompagnement social : « La grande majorité n’ont pas encore ouvert leurs droits. » Puisque le Refuge se destine à des jeunes de 18 à 25 ans, inutile, pour la plupart, de songer au RSA. Il reste à leur donner accès à la CMU, ou encore au Fonds d’aide aux jeunes… Sur de telles bases, petit à petit, les jeunes hébergés peuvent s’atteler à préparer leur sortie. Dehors commencera leur vie d’adulte…

(1)    Littéralement « sans genre », contrairement à d’autres transgenres qui se sentent femmes, ou bien hommes.


(à suivre) 


Auteur : Olivier Bonnin

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