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Une petite mise au point du Refuge
Nov 23

Une petite mise au point du Refuge

Un article récent publié sur le site Rue89 fait état de graves manquements au sein du Refuge. L'association tient à apporter quelques précisions pour dépassionner le débat et rappeler quelques fondamentaux du travail social.

 

La visibilité de l'association
Le Refuge a toujours eu à cœur de se faire connaître auprès du grand public et auprès des jeunes en situation de grand isolement. Aussi cherchons-nous à médiatiser notre cause via tous les médias à notre disposition, notamment en accueillant les journalistes désireux d'appréhender notre travail. Certains sont même restés en immersion plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Financée par un donateur, l'enquête sur la visibilité du Refuge auprès des Français a été un outil précieux, nous permettant d'affiner nos démarches de communication. Nous avions par exemple constaté que : 1/ nos vecteurs de communication (spots offerts par les chaînes de télévision, message sur les radios...) nous garantissaient une bonne visibilité auprès des parents, 2/ les valeurs que nous défendions étaient bien identifiées par ceux-ci, 3/ que nos vecteurs de communication touchaient encore insuffisamment les jeunes susceptibles d'être aidés.
Enfin, nous sommes heureux et fiers de bénéficier du soutien indéfectible de nombreuses personnalités artistiques, intellectuelles et des médias, scandalisées par le sort réservé à certains jeunes LGBTI.

L'argent
Le Refuge est en recherche constante de fonds. Chaque association le sait, l'argent est en effet le nerf de la guerre. Nous sollicitons les particuliers, les entreprises et les acteurs du secteur public. Nous allons à la rencontre des parlementaires, des entreprises, des représentants de l'autorité publique, mais pour autant nous n'exerçons jamais aucune pression d'aucune sorte et en aucun cas nous ne stigmatisons ceux qui ne nous ont pas apporté leur aide.
Nous procurons aux jeunes un logement dans la limite de nos possibilités : la location d'appartements – souvent dans de grandes villes de France – coûte de l'argent, beaucoup d'argent, tout comme le recours aux chambres d'hôtel (dans les situations d'urgence et dans le cas des antennes qui n'ont à leur disposition aucun appartement). En 2013, plus de 21 000 nuitées ont ainsi été financées, dont environ 30 % en structures hôtelières.
En outre, à mesure que le Refuge s'est développé, l'association a fait le choix de la professionnalisation, afin d'assurer autant que possible un service de qualité aux jeunes et une continuité de fonctionnement (ce qui ne peut être garanti par les seuls bénévoles, lesquels donnent beaucoup de leur temps mais ont par définition des activités annexes, notamment professionnelles). Actuellement, treize salariés sont donc employés par le Refuge, dont 6 travailleurs sociaux, coordinateurs, chargé de développement... Un autre travailleur social est en cours de recrutement à Paris pour continuer l'axe de professionnalisation de la structure que nous défendons (et qui représente 18 % du budget total, avec un estimation de 21 % pour 2015). Des formations internes mais aussi externes sont également financées pour ceux des bénévoles qui sont en charge des jeunes.
Des activités à caractère social sont proposées aux jeunes hébergés ou accompagnés. Ces activités ont, elles aussi, un coût.
Par ailleurs, le Refuge revendique l'exercice et le développement d'autres missions pour faire favorablement évoluer les mentalités homophobes : interventions en milieu scolaire notamment, ou encore auprès des mineurs en milieu carcéral, formation des intervenants du secteur sanitaire, social ou judiciaire...
Enfin, rappelons que les comptes du Refuge, dont une synthèse est accessible librement sur notre site, sont certifiés sans réserve depuis 3 années consécutives par un commissaire aux comptes dûment habilité.

La nourriture et les produits de première nécessité
L'association multiplie les partenariats avec d'autres associations et structures (les Restos du cœur, la Banque alimentaire...), afin que les jeunes puissent se procurer des denrées alimentaires et des produits de première nécessité. Les difficultés que nous rencontrons en la matière sont généralement celles auxquelles sont également confrontés nos partenaires et plus globalement toutes les associations d'entraide : difficultés d'approvisionnement, rupture de stocks. Nous essayons toujours de trouver une solution, même si ce n'est pas une obligation ou un engagement du Refuge de fournir une aide alimentaire, tout comme l'aide médicale ou l'aide juridique qui demeurent avant tout des services proposés. Pour rappel, il est inscrit que « L'équipe s'engage à mettre en œuvre toute mesure de mise à l'abri temporaire, si nécessaire et en fonction des disponibilités. L'hébergement est réalisé en appartement-relais ou plus exceptionnellement en chambre d'hôtel pour une durée maximale d'un mois. ». Nulle part, il n'est noté que l'aide alimentaire est une obligation de la structure, et pour cause, les partenariats étant différents dans chaque ville.
Le Refuge ne distribue pas sciemment de produits impropres à la consommation. Toutes les associations d'entraide alimentaire le savent : il existe une différence entre date limite de consommation et date limite d'utilisation optimale, le dépassement de cette dernière ne représentant aucun danger sanitaire pour les consommateurs. Des formations sont aussi organisées par les partenaires sur les « bonnes pratiques » en termes d'hygiène et de comportements alimentaires.

Les exclusions
Tout jeune majeur qui entre au Refuge signe un contrat d'hébergement et d'accompagnement, lesquels imposent un certain nombre de règles non-négociables. Les jeunes passent en effet une partie importante de leur temps ensemble, notamment dans les appartements qu'ils partagent. Nous ne pouvons mettre en danger l'ensemble des jeunes dès lors que l'un d'entre eux a un comportement inapproprié ou violent, ou s'il se livre à des activités illégales. Après plusieurs rappels au règlement, l'exclusion peut en effet être décidée comme nous y autorisent les textes réglementaires. Mais c'est toujours un crève-cœur, aussi ne fermons-nous jamais définitivement la porte au jeune exclu, même si certains d'entre eux peuvent naturellement conserver à l'égard de l'association une rancune tenace. C'est même souvent l'occasion d'un nouveau départ pour un jeune, comme l'atteste largement le nombre d'anciens hébergés exclus revenant dans la structure.

Les bénévoles
Ces dernières années, et notamment à l'occasion des débats sur le Mariage pour tous, le Refuge a constaté une augmentation très importante du nombre d'appels de détresse et de demandes d'hébergement, témoignant d'une indéniable augmentation des tensions, intrafamiliales notamment.
Le développement de l'association, déjà très rapide, a dû encore s'accélérer pour tenter de faire face aux demandes, et le nombre de bénévoles a mécaniquement augmenté en conséquence. Il n'est pas aisé d'évaluer d'emblée le sérieux et l'honnêteté des bénévoles : de mauvaises surprises sont toujours possibles. Aussi le Refuge réclame-t-il aux bénévoles en contact avec les jeunes un extrait de casier judiciaire et une période d'observation permet d'évaluer les qualités et le sérieux des bénévoles appelés à être en contact avec des jeunes. Pour autant, nous ne pouvons malheureusement jamais avoir la certitude qu'un bénévole ne s'est pas, dans le passé, livré à des actes délictueux sans être inquiété.
L'individu condamné pour attouchements sur mineur qu'évoque l'article de Rue89 n'a jamais été un bénévole de la structure et n'a jamais été en contact avec des jeunes au sein de la prétendue délégation de Metz, puisque cette dernière n'existe pas. Tout au plus s'est-il approché de l'association afin de lui proposer ses services, en partenariat avec d'autres associations locales. L'extrait proposé par le journal en ligne est un extrait de la défense de l'individu condamné, non pas de l'ordonnance de jugement.

 

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