Tu es victime d'homophobie ou de transphobie ?
Ta famille ne te comprend pas, tu es rejeté ?
Tu ne sais pas vers qui te tourner ?

Témoignage de Jordan

Le jour où ma vie a basculé, je m'en rappellerai toujours, c'était le 21 juin 2009. Ce jour-là, je me suis pleinement assumé comme gay. Cela faisait déjà plus d'un an que j'en étais conscient, mais je n'osais pas en parler, sûrement par lâcheté. Je voyais bien comment les homos étaient traités chez moi.

 

À cette époque déjà, j'avais de grandes facilités pour l'écriture, et par divers poèmes et récits que je donnais à mon professeur de français, j'exprimais ma douleur. Pendant tout ce temps où je me suis caché et où je n'étais donc pas moi-même, j'ai beaucoup souffert, de mentir, et de me faire passer pour un autre en tenant des propos qui me dégoûtaient. J'étais un boutonneux de première, premier de la classe, un monsieur « je sais tout »...

Je me suis rapproché de plus en plus d'un garçon de ma classe, qui ne s'y opposait pas. Javais des sentiments pour ce garçon : dès le début de l'année, j'ai eu un coup de foudre pour lui. Le 19 juin, je me suis décidé à lui parler, ce qui s'avéra plus compliqué que je ne le pensais. Mais après près de 5 minutes à bégayer devant lui, je me suis décidé à lui dire toute la vérité. Il est parti sans me dire le moindre mot. Le lendemain, tout le collège savait que j'étais gay, et c'est là que tout a changé. D'insultes homophobes aux violences physiques, j'ai passé la plus dure journée de toute ma vie. Le lendemain, rebelote, et c'est là que j'ai craqué et que tout a basculé : j'ai tenté de me suicider parce que je ne pouvais pas vivre ainsi, avec tant de souffrances en moi. Tout un collège de quartier qui me torture, en plus de ma famille homophobe, c'était difficile...

Bref, j'ai donc tenté de me suicider. En vain... J'ai fini à l'hôpital, où j'ai passé une semaine dans le service pédiatrique. Ma mère est venue me voir pour que je lui explique ce geste. Je craignais sa réaction, mais j'ai réalisé que je devais m'affirmer et m'imposer. Je lui ai donc dit très sèchement les choses. Pour simple réponse de sa part, je n'ai eu qu'une claque, puis elle est partie. Plus de nouvelles d'elle jusqu'à ma sortie où elle m'a accueilli très froidement et sans un mot. Une fois dans la voiture, elle m'a remis une claque et s'est mit à m'expliquer que l'homosexualité « c'est mal, que c'est un péché ». Suite à cela, plus rien : je n'adressai plus un mot à personne, et ce, durant presque une semaine. Même en cours, je ne parlais plus.

Est venu ensuite le temps des vacances d'été qui se sont déroulées sans trop d'encombres. Je craignais seulement la rentrée, qui se passa exactement comme je le pensais : lynchage et insultes. Mais j'étais fermement décidé à ne pas me laisser faire. J'ai donc répliqué, m'assumant pleinement, puis les choses se sont atténuées avec le temps, car je me faisais plus discret. Finalement, tout se passait bien, malgré quelques tensions avec ma mère qui n'acceptait pas mon homosexualité, jusqu'à la fin de mon CAP.

Encore un été en famille interminable, et le 18 septembre 2012, ma mère m'a mis à la rue. J'étais alors âgé de 17 ans. Mon petit ami m'a recueilli de suite, jusqu'à notre rupture le 17 janvier 2013. J'ai donc passé un mois et demi à la rue, jusqu'à ce que les flics m'embarquent et voient que je suis mineur. Ils m'ont ramené chez ma mère qui n’eut d'autre choix que de me reprendre.

De mal en pis, elle me traitait comme une bonniche et me rabaissait constamment, me frappant régulièrement. Jusqu'au mois de juillet, où elle partit en vacances, me disant clairement : « Quand on rentre, t'es parti : je ne veux pas de sale "PD" chez moi. Vous, les tarlouzes, vous ne méritez pas de vivre ».

J'ai donc contacté le Refuge en espérant recevoir de l'aide. Dès le lendemain, Laura, de Paris, m'a annoncé qu'il y avait une place pour moi à Toulouse. J'y ai passé cinq mois merveilleux. J'ai ensuite essayé de quitter la structure pour voler de mes propres ailes, mais cela n'a pas marché : le 27 janvier 2014, j'ai donc intégré la délégation de Montpellier, et aujourd'hui tout va bien pour moi : l'équipe du Refuge me maintient au plus haut et les autres jeunes me soutiennent beaucoup. Je n'ai plus qu'à trouver un emploi stable et je serai enfin autonome. Grâce à ma nouvelle famille, le Refuge.

Un grand merci à vous tous pour votre soutien, Fred, Nico, Céline, Laurent, Damien et surtout toi, Juan.

Mots-clés: Temoignages

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